29 Novembre 1889, à Marseille



Jean Contrucci écrivain de renom et chroniqueur littéraire au journal "Le Provençal " est un passionné de l'épopée Indienne, dans l'un de ses ouvrages : "Ça s'est passé à Marseille" aux éditions Autres temps il évoque le passage du Wild West Show à Marseille en 1905. (Ouvrage disponible en librairie)

4 Octobre 1905. Buffalo Bill arrive !

Aujourd'hui, Brigitte Bardot ne manquerait pas de le traîner en justice pour avoir été un grand massacreur d'animaux. Mais à l'époque, il est une légende vivante. Et voir arriver une légende vivante dans sa ville, ce n'est pas rien. Rendez vous compte : pour 1,65 francs (places assises deuxième série, les enfants au-dessous de 10 ans paient moitié prix) on peut voir Buffalo Bill in person, à cheval, barbiche au vent, colt en main, en matinée à 14 h 30 et le soir à 20 h 30. Pour 8,80 francs (loge réservée) autant dire qu'on peut lui toucher les bottes. Et où ça ? Au bout du boulevard Rabateau, sur de vastes terrains appartenant à la compagnie du P.L.M.

Il n'est pas seul, le fameux "Colonel William Frédéric Cody" dans sa merveilleuse exhibition de tir monté sur un cheval lancé au galop : cent indiens américains (sic!) chefs, guerriers, femmes et enfants l'accompagnent, ainsi qu'une immense troupe de cavaliers venus de la terre entière : caucasiens, russes, africains, cubains, mexicains, arabes, zouaves, cow boys, bien sûr, ainsi qu'une troupe impériale japonaise. Rien ne manque à cet immense bazar à la Barnum : pas même une grande course de tandem, des scènes de carnage et de guerre, ainsi qu'en apothéose la reconstitution de la fameuse bataille de Little Big Horn où le général Custer paya de sa vie sa bêtise et son entêtement face à Sitting Bull.

Vous avez tous reconnus le Buffalo Bill's Wild West Show and Congres of Rough Riders, qui a déjà parcouru 63 000 miles, from Prairie to Palace, from Missouri to the Danube.

Eh bien, les voilà à Marseille ! Au complet 700 personnes. La plus grande entreprise de bluff publicitaire est là. Et les gogos marseillais, comme les autres (la Reine Victoria s'y est laissée prendre), viennent remplir les caisses de l'imposteur, dont le titre de gloire-auquel il doit son surnom- aura été de faire le travail sans risques pour lequel les compagnies de chemin de fer américaines (qui sont en train de relier côte est à cote ouest) le payaient, pour une fabuleuse épopée. Il approvisionnait en viande fraîche les chantiers, ce qui lui permit de massacrer par milliers de paisibles troupeaux de bisons.

William F. Cody , jeune éclaireur, vaniteux comme une jolie femme, disait-on dans l'ouest, est une créature inventée de toutes pièces par un journaliste astucieux, nommé Ned Buntline, qui en 1869, en pleine guerre civile, a recueilli les récits les plus invraisemblables, les histoires colportées par les piliers de saloons, les récits enjolivés des trappeurs et de tous les hâbleurs dont l'ouest était prodigue, pour les raconter aux lecteurs du New York Weekly, en plagiant sans vergogne Fenimore Cooper.

En 1882, Buffalo Bill, devenu homme d'affaires avisé, décide de donner de l'Ouest mythique un spectacle à sa mesure. The Greatest in the world, naturellement..

Le Cirque est venu la première fois le 29 Novembre 1889 (arrivée à 5 h 21 en gare du Prado) et a donné son dernier spectacle le 6 Décembre de la même année avant de se rendre en Espagne. C'est à cette date que "Feather Man" a été admis à l'hôpital de la Conception où il devait décéder le 6 Janvier 1890 à 4 heures du Matin. Il fut enterré le 7 au Cimetière de St Pierre, carré n° 8, Tranchée 19, Piquet n° 2. Personne n'ayant réclamé son corps, ses restes furent mis en fosse commune.

Le 30 Octobre 1905, le Wild West Show était de retour à Marseille et s'installa sur un terrain propriété des chemin de fer du PLM situé à l'angle du Boulevard Rabateau et du Grand chemin de Toulon, les spectacles s'arrêtèrent le 10 novembre et la majorité de la troupe hivernât à Marseille jusqu'au 4 mars, date de reprise des spectacles. Le cirque quitta Marseille le 6 Mars 1906.